Conférence sur la PAC après 2013 : le Commissaire Cioloş suscite adhésion et mobilisation

Publié le 28 juillet 2010 • Rubrique : Après 2013, L'avenir de la PAC

La Commission européenne avait habitué les organisations parties prenantes à une grande conférence d’orientation tous les sept ans. Toutefois, celle des 19 et 20 juillet 2010 n’est pas comparable aux précédentes éditions organisées à Cork en 1996 et à Salzbourg en 2003. Alors que dans ces dernières, la politique de développement rural y était le sujet central, cette fois la conférence de Bruxelles a placé en débat l’avenir de la totalité de la PAC après 2013 y compris le développement rural.

Persuadé que l’avenir de la PAC passe par sa relégitimation, le Commissaire à l’agriculture et au développement rural Dacian Cioloş, a réussi le pari de susciter l’adhésion des acteurs de la PAC. Plus de 6000 contributions ont été envoyées à la Commission entre le 12 avril et le 10 juin. Citoyens, agriculteurs, experts, élus, jusqu’au ministre Bruno Le Maire, ont exprimé leurs attentes ou donné leur avis critique ou constructif sur ce que doit être la prochaine PAC.

600 personnes ont participé à la conférence de clôture du « grand débat » lancé par Cioloş. La présence assez active des ONG et des réseaux de développement rural a pu masquer celle plus discrète des organisations agricoles, mais tous ont exprimé le souhait de renforcer la PAC dans un sens ou dans un autre, mais en aucune façon de l’affaiblir.

Quatre ateliers thématiques ont ponctué les débats : 1) la sécurité alimentaire, 2) la vitalité des sociétés rurales, 3) l’environnement et les biens publics, et 4) la qualité et la diversité des produits. Des sujets qui confirment que la PAC doit être au service de la société. En effet si l’environnement, la nutrition, la santé, et la qualité sont des questions qui montent dans l’opinion, les débats ont confirmé une double attente :

  • celle d’une politique alimentaire et agricole européenne, capable notamment d’apporter des réponses aux 20 millions d’Européens qui vivent encore dans l’insécurité alimentaire,

  • celle d’une politique environnementale et territoriale, capable de valoriser les services environnementaux et la diversité des campagnes européennes tout en relocalisant les activités agricoles.

Concernant les grandes lignes de la PAC après 2013, le Commissaire Cioloş s’est montré attaché à faire évoluer le contenu de la PAC, plus que le cadre actuel :

« Nous devons garder les deux piliers. Mais ne nous enfermons pas dans les schémas actuels. Les deux piliers sont deux facettes complémentaires de la PAC : le premier pilier, c’est le soutien de l’ensemble des agriculteurs européens sur une base annuelle pour des résultats quantifiables et visibles annuellement. C’est notre réponse aux grands défis communs à l’ensemble des Etats membres de l’UE ; le second pilier, c’est l’évolution des filières et des territoires, y compris sur le plan environnemental. Il doit soutenir nos objectifs, sur une base pluriannuelle de programmation, avec des priorités claires. La politique de développement rural doit nous permettre de moderniser nos exploitations ; de déployer des moyens nouveaux dans le domaine de l’innovation ; d’œuvrer à la diversification des zones rurales ; de pérenniser un secteur agricole en proie à la volatilité des marchés ; de traiter de manière horizontale et les défis complexes liés au changement climatique. »

La conférence a mis en perspective la diversité des attentes tout en relayant un désir de PAC pour l’avenir. Si le Commissaire a clôturé la consultation, les débats ne sont pas terminés pour autant. « C’est un début qu’on a fait ensemble » a conclut Dacian Cioloş qui doit maintenant avec ses services,  proposer des options politiques pour l’après 2013 au Conseil et au Parlement européen,  dans le cadre d’une communication attendue pour le mois de novembre.

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