Voeux du Président au monde rural : comment changer de modèle agricole sans réformer la PAC !?

Publié le 23 janvier 2012 • Rubrique : Actualités de France, Communiqués de presse du Groupe PAC2013, L'actu de la réforme, Presse

Le 17 janvier en Ariège, le Président de la République a présenté ses vœux au monde rural. Les organisations signataires considèrent que sa vision de la PAC est dépassée et le font savoir par Communiqué de presse. L’appel de Nicolas Sarkozy à changer de modèle agricole n’a pas de sens si la France n’est toujours pas décidée à soutenir une vraie réforme de la PAC, qui accompagne des systèmes agricoles et alimentaires plus durables et moins dépendants des aides.


N. Sarkozy adresse ses voeux au monde rural par elysee

Circuits alimentaires de proximité : des initiatives exemplaires éloignées de la politique agricole que défend la France

Le 17 janvier, le Président de la République a mis en avant le rôle des circuits alimentaires de proximité pour améliorer la valeur ajoutée des produits et le revenu des agriculteurs, notamment grâce à des prix rémunérateurs. De nombreux agriculteurs l’ont bien compris puisque 20% d’entre eux vendent tout ou partie de leur production en circuits courts. De même, de plus en plus de français plébiscitent ces formes de distribution qui restaurent du lien et de la confiance entre producteurs et consommateurs, valorisant les savoir faire et les formes d’agriculture les plus durables.

Or le modèle de la PAC défendu par la France marginalise ces circuits courts : dans les faits, 8 Milliards d’euros sont consacrés aux aides directes sur les 9,7 Milliards que reçoit la France. Contrairement à ce qu’a laissé entendre le chef de l’Etat, la PAC contribue peu à l’excédent commercial agroalimentaire français, puisque les deux tiers de ce dernier tiennent aux boissons et spiritueux, des secteurs qui bénéficient peu des aides de la PAC.*

Pour changer de modèle agricole, l’environnement est une variable non négociable

Les propos du Chef de l’Etat souhaitant « relâcher la pression environnementale » et auxquels font écho ceux de Bruno Le Maire au Sommet du Végétal, ne sont pas sans rappeler la phrase prononcée au salon de l’agriculture en 2010 : « l’environnement, ça commence à bien faire ! ». Comment Monsieur Sarkozy peut-il exhorter à changer de modèle agricole en laissant de côté l’environnement ?

Un récent rapport de la Cour des Comptes estime par ailleurs que les incitations financières nationales en faveur d’une agriculture plus durable sont restées très en deçà des possibilités offertes par le bilan de santé de la PAC en 2008.**

Alors que l’exécutif français vante constamment ses réformes nationales, il est paradoxal d’observer la posture anti-réformiste actuelle de la France sur la PAC. Exiger une PAC « forte » avec un budget au moins équivalent à son niveau actuel, tout en rejetant son « verdissement » et en retardant le rééquilibrage des aides entre les agriculteurs, ne place pas la France en position de force auprès de ses partenaires européens dans les futures négociations.

Réforme de la PAC : un enjeu aussi pour les présidentielles

En ce début d’année électorale, nos organisations interpellent la classe politique. Le prochain gouvernement devra préparer la réforme de la PAC, et aura le choix entre deux approches : continuer à obtenir de Bruxelles le chèque le plus élevé principalement pour les fermes les plus grandes et les plus intensives ou soutenir une PAC plus efficiente, plus juste et plus écologique au service d’un nouveau partenariat entre les européens et leur agriculture, dans une optique gagnant-gagnant pour les producteurs comme pour les citoyens.

La PAC que la France négociera dans moins d’un an, est une opportunité à ne pas rater pour garantir une agriculture française diversifiée, tout en réaffirmant notre attachement au projet européen.

Contact presse

Samuel Féret – 06 08 83 12 35 – samuel.feret@pouruneautrepac.euwww.pouruneautrepac.eu

Comprendre la PAC – Guide illustré : www.pouruneautrepac.eu/guide-politique-agricole-commune/guide-politique-agricole-commune.html

Notes

* 62% de l’excédent agroalimentaire français (hors poissons) tiennent aux boissons (7,5 sur 12 Milliards d’euros en moyenne de 2000 à 2010), lesquelles bénéficient d’aides très limitées de la PAC. L’excédent des Pays-Bas dépasse d’un tiers celui de la France (15,4 contre 11,4 Milliards d’euros), avec sept fois moins d’aides de la PAC. Sources : Eurostat et http://www.solidarite.asso.fr/IMG/pdf/La-France-n-est-pas-la-premiere-puissance-agricole-de-l-UE.pdf

** http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/Referes/Refere_grenelle_environnement.pdf

 

Télécharger le communiqué ici

 

Communiqué de presse par : Agir pour l’Environnement, Les Amis de la terre, FNCIVAM, FNH, EFNCP, LPO, MRJC, FNAB, 4D, RAC, Solidarités, WWF.

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